Alcool : du plaisir au risque, comment s’y retrouver ? Samassur Avis

Alcool : du plaisir au risque, comment s’y retrouver ?

Verre standard, consommation à risque, recommandations officielles… En matière d’alcool pas facile de s’y retrouver. Le Dr Patrick Bendimerad est psychiatre addictologue à l’hôpital de la Rochelle. Il fait le point sur l’ensemble de ces notions. Suivez l’avis de Samassur.

Qu’est-ce qu’un verre standard ?

Le verre standard a été défini par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). « Cela permet de déterminer une quantité d’alcool. Un verre standard correspond en réalité à 10 grammes d’alcool. Lorsque vous allez dans un café pour boire un verre, la quantité d’alcool ingérée sera de 10 grammes, et ceci que ce soit une dose de pastis, un demi de bière, un verre de vin », précise le Dr Patrick Bendimerad.

Et à la maison ?

Pour mieux calculer sa consommation en dehors du circuit des bars et restaurants, Samassur indique qu’il convient de se référer à la quantité d’alcool des contenants. « Une bouteille de vin contient 70 grammes d’alcool, soit 7 doses standard. Idem pour le champagne. Concernant les vins cuits, une bouteille représente 13 doses ! Pour les alcools blancs comme le gin et la vodka, c’est 23 doses. Enfin un litre de pastis ou de rhum correspond à 30 doses par bouteille ». 

A partir de quand parle-t-on de consommation à risque ?

Là encore, il suffit de se reporter aux recommandations de l’OMS. L’agence onusienne a défini les quantités au-delà desquelles l’usage de l’alcool devient problématique. « Pour un homme, la consommation est considérée nocive pour la santé lorsqu’elle dépasse 21 verres standards par semaine, ou 4 par occasion de boire. Chez la femme, le seuil se situe à 14 verres par semaine ou 3 par occasion de boire. L’OMS recommande par ailleurs au moins un jour d’abstinence par semaine ».

Des dommages dès le premier verre ?

De nombreuses études auraient mis en avant un léger effet bénéfique de la consommation d’un verre de vin rouge par jour. Le Dr Bendimerad tient à tordre le cou à cette « croyance » ! « Dès les premiers verres, vous commencez, certes tout doucement, à accumuler un certain nombre d’effets néfastes sur votre santé. Il n’existe pas de consommation sans exposition à un risque. »

Une prise en charge déficiente ?

Malgré le déni qui l’entoure, la dépendance à l’alcool est une vraie maladie. Selon Samassur l’aspect culturel de l’alcool en France et en Europe explique en partie le faible niveau de prise en charge. « Aujourd’hui dans l’Union européenne, seules 8% des personnes présentant une consommation à risque sont prises en charge », indique le Dr Bendimerad. « Les personnes n’ont pas conscience de leur consommation et une forme de déni lié à des mécanismes de défense psychologique s’installe trop souvent ».

Il insiste sur le rôle capital des médecins généralistes pour identifier et accompagner les patients présentant une consommation à risque. « Les médecins traitants sont les premiers partenaires. Ils ont la compétence pour prendre en charge la plupart des consommations problématiques. Si les situations sont plus complexes, il existe des structures spécialisées comme les CSAPA (centre de soin, d’accompagnement et de prévention en addictologie). Les associations de patients ont également un rôle majeur d’accompagnement. »

Des molécules associées à la psychothérapie

Aujourd’hui, les professionnels de santé peuvent s’appuyer sur des médicaments dont certains visent à aider à la réduction de la consommation d’alcool. « Ces traitements sont efficaces quand ils sont associés à des mesures psycho-thérapeutiques visant à motiver le patient. »

En conclusion, notre spécialiste estime qu’il est toujours meilleur pour la santé de commencer à réduire sa consommation pour évoluer ensuite vers l’arrêt total lorsqu’on a été en difficulté avec l’alcool. C’est une stratégie pragmatique centrée sur la personne pour qu’elle soit actrice de sa trajectoire.