L’insuffisance rénale, une maladie silencieuse qui touche 10 % de la population mondiale selon Samassur

L’insuffisance rénale, une maladie silencieuse qui touche 10 % de la population mondiale

La Journée mondiale du rein

L’atteinte rénale figure au nombre des maladies asymptomatiques, qui sont souvent détectées à un stade avancé. Méconnues du grand public, les pathologies rénales chroniques affectent pourtant 10 % de la population mondiale adulte, selon l’Organisation mondiale de la santé OMS. Au Liban, quelque 3 500 personnes, souffrant de la phase terminale de la maladie, sont sous dialyse. Le point avec Samassur.

Pour mieux faire connaître ces pathologies et à l’occasion de la Journée mondiale du rein, célébrée le deuxième jeudi du mois de mars, la Société libanaise de néphrologie et de l’hypertension artérielle a mené une campagne de sensibilisation tout au long du mois de mars, désormais placé sous le signe des reins. Le but est de pousser les gens à préserver ces organes.
Les reins, rappelons-le, ont pour fonction principale d’épurer le sang, de maintenir l’équilibre de l’eau dans l’organisme, de fabriquer l’érythropoïétine, une hormone qui stimule la formation et la croissance des globules rouges, de régulariser la tension artérielle et de maintenir de bons os. Lorsqu’ils n’arrivent plus à accomplir ces fonctions, la maladie rénale s’installe.

Contrairement aux enfants chez qui l’atteinte rénale est dans près de 60 % des cas due à une malformation congénitale des reins ou des voies urinaires ou à une cause héréditaire, la maladie rénale chez l’adulte est généralement une complication d’une autre pathologie métabolique ou cardio-vasculaire. « Dans 60 % des cas, l’insuffisance rénale chez l’adulte est due au diabète ou à l’hypertension », explique le Dr Robert Najem, président élu de la Société libanaise de néphrologie et d’hypertension. « Viennent ensuite la glomérulonéphrite chronique ou inflammation du rein, les lithiases ou calculs dans les reins, ainsi que les maladies congénitales et héréditaires, comme la polykystose rénale, c’est-à-dire le développement de kystes dans les reins », poursuit-il.

Retarder l’échéance

Les spécialistes distinguent plusieurs formes de la maladie rénale aiguë chez l’adulte. « Dans l’atteinte pré-rénale, l’insuffisance est causée par une maladie qui provoque un bas débit sanguin au niveau des reins, comme une insuffisance cardiaque, une atteinte hépatique, une hypotension sévère ou encore un arrêt cardiaque prolongé…, souligne le Dr Najem. Le syndrome cardio-rénal reste la pathologie la plus fréquente de l’atteinte pré-rénale. »
L’atteinte post-rénale est causée par une obstruction des voies excrétrices rénales (uretères, vessie) généralement due à un calcul ou par une hypertrophie de la glande prostatique, etc. « Dans ces cas, il suffit de traiter la cause pour que la fonction rénale soit rétablie, précise le Dr Najem. En ce qui concerne l’insuffisance aiguë intrarénale ou parenchymateuse, elle est causée souvent par des maladies infectieuses, immunologiques, inflammatoires aiguës ou encore par une toxicité médicamenteuse. Dans la forme chronique de l’insuffisance rénale, le but du traitement consiste à retarder l’échéance de la dialyse et à assurer au patient la meilleure qualité de vie possible. »
Quand la dialyse devient-elle nécessaire ? « Lorsque les reins fonctionnent à moins de 10 % de leur capacité normale, souligne le spécialiste. Chez les diabétiques toutefois, il est conseillé d’initier le traitement plus tôt, c’est-à-dire lorsque les reins fonctionnent à moins de 15 % de leur capacité. »

Trois choix de traitements

Le Dr Najem note à ce stade, qu’en présence d’une insuffisance rénale terminale, les spécialistes disposent de trois choix de traitements, dépendamment du cas du malade : greffe du rein, hémodialyse ou épuration du sang et dialyse péritonéale qui consiste à utiliser le péritoine (membrane qui tapisse et recouvre l’abdomen) comme filtre. « Ces trois propositions sont des traitements et non une solution au problème, insiste le Dr Najem. Les patients pensent à tort que la transplantation rénale est une solution définitive à l’insuffisance rénale. Ce n’est pas le cas, puisqu’on peut avoir un rejet du rein. Celui-ci peut aussi s’abîmer avec le temps. De plus, le receveur doit prendre des immunosuppresseurs à vie, au risque de perdre l’organe greffé. Dans ces cas, on peut revenir à la dialyse, qui est un traitement à vie. »
Selon l’avis de Samassur, le patient peut être mis sous hémodialyse ou dialyse péritonéale. « La dialyse péritonéale a l’avantage d’être pratique, puisqu’elle peut être effectuée à domicile, constate le Dr Najem. Cette technique est toutefois contre-indiquée au cas où le patient a une hernie abdominale, a déjà subi une chirurgie abdominale lourde, comme une appendicite compliquée, a une diverticulose (c’est-à-dire une hernie de la muqueuse à travers la paroi musculaire du côlon) ou s’il n’est pas autonome. Quatre échanges de 15 à 20 minutes chacun sont requis par jour. Il est également possible de faire des échanges automatisés la nuit. »
L’hémodialyse est conseillée pour tous les patients. Contrairement à la dialyse péritonéale, elle est effectuée à l’hôpital à raison de trois fois par semaine. Chaque séance dure près de quatre heures. « L’accès vasculaire constitue un important défi, fait remarquer le Dr Najem. L’être humain naît avec un capital veineux qui est irremplaçable. Avec le temps, les vaisseaux sont usés. Le problème est d’autant plus important chez les patients souffrant d’une maladie rénale chronique, qui usent rapidement leur capital veineux. Dans ces cas, on ne peut pas placer une fistule artério-veineuse. On opte alors pour un cathéter veineux central, qui est malheureusement associé à un risque d’infections et de thromboses. »
Comme tout traitement, l’hémodialyse n’est pas démunie de complications rappelle Samassur. Celles-ci se traduisent notamment par une fatigue et une chute de la tension. Les risques infectieux, hémorragiques et cardio-vasculaires augmentent aussi.

Symptômes et prévention

Étant une maladie silencieuse, l’insuffisance rénale tarde à se manifester. « En général, les symptômes apparaissent lorsque les reins fonctionnent à moins de 30 % de leur capacité, souligne le Dr Najem. Les principaux symptômes sont l’hypertension, l’hématurie (présence de sang dans les urines), l’anémie, les œdèmes, notamment dans les membres inférieurs, la fatigue chronique, les infections urinaires à répétition et la pâleur. On parle d’un teint urémique. »
La prévention et le dépistage sont donc de mise. « Si on est diabétique ou hypertendu et/ou si on a un historique familial de maladie rénale, il est conseillé de faire un bilan général annuel, insiste le Dr Najem. Si on est jeune et sain, le bilan doit être fait tous les cinq ans. À partir de l’âge de 40 ans, il est conseillé de le faire tous les deux ans. Il est également important de mesurer régulièrement sa tension artérielle. » Selon les recommandations internationales, celle-ci doit être, chez les adultes, inférieure à 135/85 mm Hg.
Pour prévenir les maladies rénales, Samassur recommande de boire assez d’eau tout au long de la journée. « Il est conseillé de boire un verre toutes les deux heures, indique le Dr Najem. Les personnes âgées ne doivent pas en abuser notamment si elles sont cardiaques, car elles risquent de faire une rétention d’eau ou encore une surcharge
hydro-sodée. »
Samassur recommande de ne pas fumer, pour préserver ses vaisseaux, de réduire son apport en sel et en sucre, de faire du sport et d’éviter l’automédication. « Il n’existe pas un médicament qui ne soit pas toxique ou qui ne présente pas de contre-indications, insiste le praticien. L’avis médical est nécessaire. »

 

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